Portrait

Un talent plébiscité à l'international

Avec Organ skateboards, Maxime Cœur séduit  à l’international.
Avec Organ skateboards, Maxime Cœur séduit à l’international.

Australie, Suède, Espagne, Chili… les propositions affluent pour Maxime Cœur. Un peu trop vite d’ailleurs pour ce jeune artisan qui ne s’attendait pas à de telles sollicitations à l’international. Il faut dire qu’il a tout fait pour… Décryptage.

La descente dans le caveau de cet entrepreneur messin est déjà un moment d’aventure. Le sentiment de pénétrer dans l’antre d’une caverne d’Ali Baba où l’on va découvrir mille et un trésors. Et, de fait, le lieu en recèle. Maxime Coeur est un passionné d’art et de bois. Mais aussi de skate. Il n’en fallait pas plus pour que les trajectoires s’entremêlent. Avec son CAP menuiserie en poche, il commence par récupérer des skateboards usagés chez des amis ou skateshops et les recycle pour en faire des « cruisers » en bois d’érable. Il s’agit en fait de plus petites planches sérigraphiées et très prisées dans le milieu branché des skaters. « Rien ne se perd, tout se transforme. Avec les chutes, je fais aussi des bagues, porte-clés… Ma démarche estampillée développement durable plaît », concède Maxime. Il attire alors clients et médias qui défilent dans son sous-sol. Son idée fonctionne même si bien que l’Agence France Presse s’intéresse à lui et lui consacre un reportage. Ici commence l’aventure internationale… La force du réseau de l’AFP lui vaut les honneurs des médias nationaux, mais aussi de ceux de l’étranger. Du jour au lendemain, les propositions de différents pays affluent sur sa boîte mail et sur sa page Facebook, autre outil pertinent dans sa conquête de contacts et nouveaux marchés. Un peu trop soudain d’ailleurs pour lui : « Je n’étais pas encore prêt à cet engouement, s’amuse-t-il aujourd’hui. Il me faut désormais investir dans des machines professionnelles qui sont onéreuses. Or, lorsque l’on n’a pas un statut de Sarl, les banques sont un peu frileuses. » Aujourd’hui, devant l’abondance des retombées médiatiques, elles se bousculeraient presque…


Une nouvelle friche artistique l’attend.

 

La barrière de la langue étrangère devient aussi un obstacle dans le cadre de ces échanges commerciaux à l’international : « Je ne maîtrise pas assez l’anglais et utilise Google Traduction dans mes correspondances électroniques », avoue quelque peu embêté Maxime. Il sait d’ailleurs qu’il devra consacrer un peu de temps à se former s’il souhaite poursuivre sur l’export. Mais cela ne fait pas peur au jeune homme qui avait parcouru l’Europe dès ses 20 ans. Une façon de mûrir son projet aux côtés d’étrangers aficionados comme lui du monde de la glisse, mais également de se confronter avant l’heure au concept de mondialisation.

Aujourd’hui, Maxime sait où il veut aller et ne manque pas d’idées. En s’associant avec un artisan opticien, il prépare le lancement d’un concept de lunettes en bois 100 % recyclé. Et là encore il fait mouche à tel point qu’il lui faut penser à se protéger contre des opportunistes qui voudraient profiter de cet engouement en le copiant. Les prochains mois seront donc décisifs pour notre entrepreneur. Aussi, si les banques continuent à lui faire confiance, s’il consacre un peu de temps à la maîtrise de l’anglais et à la connaissance des mécanismes internationaux, et enfin s’il arrive à organiser sa production pour répondre aux sollicitations de plus en plus fortes, alors ses efforts seront récompensés.