Prix Stars & Métiers

Succès d'une start-up artisane mosellane

Publié le 30/01/2017 |
M. Pierson a reçu à Paris son prix national devant un parterre de 800 invités.

À la croisée des chemins entre Metz et Sarrebourg, et entre Nancy et Sarrebruck, se cache l’une de ces pépites artisanales qui font la fierté de la Moselle. ACREOS. Ces 5 lettres ne vous disent peut-être rien. C’est pourtant cette entreprise qui a été sélectionnée parmi 2000 autres en France pour recevoir le Prix Stars & Métiers 2016 dans la catégorie Innovation technologique.

Initié il y a dix ans par le réseau Banque Populaire et celui des Chambres de Métiers, le Prix Stars & Métiers s’est imposé rapidement comme l’une des références majeures pour le secteur artisanal.
Le 13 décembre 2016, dans la très chic Salle Gaveau du 8e arrondissement de Paris, M. Pierson est monté sur scène pour que soit mise à l’honneur son entreprise créée en décembre 2007.
Ingénieur formé à l’ENIM, Éric Pierson vient de passer la quarantaine lorsqu’il investit toutes ses économies pour concevoir un simulateur de conduite d’engins de chantier (bulldozer, tractopelle, niveleuse, chariot élévateur, tombereau, grue mobile et à tour, pelle à chenille, chargeuse articulée). Avec l’aide d’associés et de partenaires financiers, ils travaillent pendant plus de quatre ans pour sortir le premier exemplaire. Le produit est au point mais les clients potentiels hésitent à investir les 50 000 euros nécessaires pour l’acquisition d’un exemplaire. Dans une impasse, la BPALC, par l’intermédiaire de l’un des directeurs de l’État-major de la banque, Bernard Moreau, lui propose de lui en acheter 10 unités pour qu’ACREOS puisse les louer plutôt que de les vendre. L’intuition est parfaite puisque rapidement les clients sont convaincus et décident d’abandonner la location pour l’achat. Autre coup de pouce du destin, l’ancien président colombien Alvaro Uribe se déplace à Metz, la même année, pour rencontrer le directeur de l’ENIM. Ancien élève de l’école, Éric Pierson propose une visite de son entreprise. Le dirigeant colombien accepte et s’avère conquis par le simulateur. Dès son retour au pays, il passe commande de 14 exemplaires. La machine est lancée et le bouche-à-oreille fait le reste dans le monde entier, mais aussi en France où il équipe des CFA du Bâtiment et des Travaux Publics.
Le simulateur de conduite est en effet un principe séduisant puisque jusqu’alors les personnes à habiliter devaient se former dans des conditions réelles, mais avec des risques réels de danger. Avec ce produit, l’apprenant peut se tromper, recommencer et se former quand il le souhaite, qu’il pleuve ou qu’il vente.
Aujourd’hui, Éric Pierson et ses 32 collaborateurs distribuent ce simulateur dans plus de 30 pays dans le monde. Quatre-vingts unités auront été vendues l’an passé, 120 sont prévues pour 2016, et 250 pour l’année 2017 lui permettant de passer d’un CA de 1,4 à 4 millions en seulement trois ans. Et ce n’est pas fini, puisque les ingénieurs de l’entreprise travaillent déjà sur de nouveaux systèmes, basés sur les casques de réalité virtuelle.